12 septembre 2007
Regarder la lumière
Comme à l'accoutumée (très drôle de dire ça pour un deuxième article), j'aimerai vous parler d'un de mes albums coup de coeur. Il s'agit de Trash Yéyé de Benjamin Biolay. J'aime beaucoup sa musique. En fait j'suis fan mais j'trouve que ça l'fait pas de dire que je suis fan. Ca me rabaisse (hum hum prout prout).
Bref, je le suis depuis le début, c'est à dire depuis l'album Rose Kennedy. Son style gainsbourgien aux répliques et sons samplés en boucle surmontés de cordes plus mélodieuses que jamais plaisait beaucoup à l'intelligentsia. Comme ses collaborations avec Keren Ann, le tout était d'une modernité désuette, bref, il plaisait aux fans de "La nouvelle vague française" (et à l'époque anti-starac'). Il s'est fait passer pour le resuciteur de vieux chanteurs : Henri Salvador, Juliette Greco, Valerie Lagrange ... Mais tout ça ne lui convenait pas. Après les très modéles et doux albums Négatif et Home (album-concept avec son ex-compagne Chiara Mastrioanni), dont ce dernier s'est fait descendre par la critique, il monte à la charge avec le très rock A l'origine. Son meilleur album selon moi. Les guitares, les chansons, les remises en question, mais aussi l'amour, la vie, la religion, la politique, cet album est le plus revendicatif qu'il ait fait, et le rend ainsi presque positif. Malgré une bonne critique, ce dernier ne se vend pas. On dis de l'artiste qu'il est sombre et malsain. Benjamin tombe en dépression, comme le dis lui-même. Se moquant ainsi de ceux qui l'adoraient avant, il travaille avec Dick Rivers et Elodie Frégé, pour qui il signe le joli album Le jeu des 7 erreurs. Et c'est toute sa carrière qu'il résume en une douzaine de titres dans Trash Yéyé, du doux (La chambre d'amis, Bien avant, ...) et rythmés (Qu'est-ce que ça peux faire, Rendez-vous qui sait, Regarder la lumière, ...). On y retrouve toutes ses périodes, mélangées, fusionnées, pour presque donner quelque chose de nouveau (Dans la Merco-Benz). Le tout réalisé avec les mêmes collaborateurs que A l'origine. On sent qu'il a beaucoup plus de recul par rapport aux critiques, à l'argent, à la vie en général. Cet album sent l'alcool, la cigarette, les histoire de cul et la dépression. On sent qu'il a été thérapeutique pour lui. On le retrouve sensuellement salace et enragé dans les paroles. C'est peut-être ça qui me gêne dans cette album, c'est que je m'attendais à quelque chose de plus novateur, mais ça reste très fortement Biolay, qui peut aussi faire le bonheur de certains.
www.benjaminbiolay.com - www.myspace.com/benjaminbiolay
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